LE MARGINAL: le dossier complet


Retour sur un film emblématique de l'époque où Belmondo est devenu une marque, presque un objet marketing ou un produit que l'on vend plus que le film lui-même. Déjà abordé sur ce blog, le distributeur René Chateau avait compris que le public venait voir le nouveau Jean Paul Belmondo plus que tout, qu'il suffisait de mettre en grand en haut de l'affiche le nom de l'acteur et à la limite le titre, le sujet, le reste du casting et même le réalisateur étaient des éléments secondaires, voir superflus... c'est le nouveau Belmondo! Et bien Le Marginal est la synthèse même de tout cela.

On remarquera que la première version de l'affiche sera modifiée pour être plus sobre (l'accent sur les cascades est atténué et l'ambiance colle pour plus au polar urbain plus sombre. Et Belmondo perd son cigarillo... La loi anti-tabac n'est pourtant pas encore d'actualité à cette époque).

Depuis Peur sur la Ville l'acteur met en place une mécanique bien huilée: un film par an, de rares interviews, une publicité intense juste avant la sortie du film et des affiches efficaces avec un style utilisant des codes bien précis et que l'on retrouvent a chaque fois pour attirer le chaland. Belmondo de son côté est producteur (Cerito Films) et son ami René Chateau s'occupe de la distribution. Tout est verrouillé et maîtriser de A à Z, jusqu'au film lui-même qui est calibré pour répondre aux attentes du public et être un digne représentant du cinéma de Bebel.

L'art de la publicité selon René Chateau, l'acteur doit être partout, presse écrite, journal télé et affiches publicitaires. Comme pour le principe du commerce éphémère il faut créé l'évènement sur un abse de temps assez court. C'est pour ça que la star disparaît à chaque fois des radars après l'exploitation de son dernier film, pendant un an jusqu'au prochain.


La star retrouve Yves Gabrielli et Michel Berreur, acteurs et cascadeurs. Leurs visages seront connus du grand public car ils seront mis à contribution dans le cinéma Français des années 70 à 80. De Henri Verneuil à Claude Sautet en passant par Claude Pinoteau, ils seront souvent présents pour des seconds rôles. Toute une époque!

L'acteur revient donc avec le rôle qui lui a déjà permis de tutoyer les sommets du box-office, le super-flic. Ici, le réalisateur Jacques Deray (Borsalino, 3 Hommes à Abbattre,...) explore les nuits sombres et même glauques de la capitale. Drogue, proxénétisme, racket et gangstérisme sont les mamelles de ce polar âpre et presque pessimiste. Bien évidemment on retrouve les ingrédients de la recette Belmondo (bons mots, castagne et cascades) mais il faut bien reconnaître que l'on s'éloigne de la légèreté d'un Flic ou Voyou

Lors de cette fameuse séquence un quartier entier fut bouclé dans le 13eme arrondissement pour le tournage mais un passant peu observateur se retrouvera à l'arrêt de bus qui devait être pulvérisé par les deux voitures lancées à vive allure. L'équipe de tournage interviendra à temps pour éviter un véritable drame.

L'acteur impose bien évidemment les cascades qui sont intrinsèquement liées à son cinéma depuis un moment, ce qui lassera certains réalisateurs et même le dialoguiste/scénariste Michel Audiard qui regrettera que l'équilibre des histoires racontées à l'écran étaient parfois sacrifiées pour pouvoir y inclure les cascades de Rémy Julienne. Audiard demandera même que son nom soit retiré de l'affiche du film Les Morfalous. 


Le générique d'ouverture sera construit par le réalisateur comme l'arrivée du cowboy justicier dans une nouvelle ville pour y mettre de l'ordre. Jacques Deray considérait Le Marginal comme un western moderne. Le TGV évoquait justement la modernité qui remplace les fameuses calèches du Far West. 

Si on retrouve l'acteur Américain Henry Silva dans le rôle du grand méchant et un Tchéky Karyo encore jeune premier au cinéma, le casting se compose essentiellement d'habitués dans la filmographie de Jean Paul Belmondo

La chanteuse Carlos Sorto Mayor, compagne de Jean Paul Belmondo à cette époque, sera présente au casting. Ce sera également le cas pour Joyeuses Pâques et Le Solitaire.


Le film sera distribué par 
René Chateau Vidéo


Mon avis sur le film:
Le Marginal n'est sans doute pas le meilleur opus de l'époque Bebel de la star et encore moins de toute sa carrière mais il représente tellement les années 80 de sa filmographie. Une VHS incontournable de nos tant regrettés vidéoclubs avec bien évidemment la jaquette mythique de chez René Chateau

VHS & Soundtrack:




Commentaires

  1. Quel Dossier qui lui rend bien hommage ! On sent toute ton affection profonde pour Bebel ;)
    Oui le Marginal un de ces plus connus dans les 80's !
    J'adore la jaquette de ce film comme toutes les autres d'ailleurs... de chez René !
    Action Baston Réplique c'est le Stallone Frenchie en somme !

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Direct to Vidéo Forever

VAMPIRES

KING OF KICKBOXERS: le dossier complet

DELTA VIDÉO: le dossier complet

La CANNON Films: Le dossier complet